Le rôle de la conscience
La conscience est pour le corps un outil nécessaire à l’accroissement de la puissance : un moyen de jouissance et de domination, mais aussi d’assimilation. Il y a un lien indissoluble entre désir, besoin, conscience, inconscient et culture dans toute société organisée. C’est à partir des désirs, des angoisses et des joies qu’un homme se fait, que l’on évalue sa hiérarchie des valeurs. Ce jugement est extensible à un échelon supérieur pour toute organisation sociale. Il ne saurait y avoir de différence en effet entre l’organisation d’un corps humain et celle du corps social. La culture en tant que code d’évaluation valant pour une société donnée est représentative des instincts de tout un peuple. Tout corps constitué a métaphoriquement parlant besoin de plusieurs instances pour se satisfaire (par ex. les instances pour la conscience, d’autres pour l’inconscient). La conscience simplifie, identifie et unifie la matière pour créer des îlots de stabilité et de compréhension là ou sinon la réalité nous échappe. Avec la conscience, nous perdons la réalité comme telle, nous y gagnons une simplification abordable par l’esprit humain : une mystification du réel. Ce qui reste inconscient, c’est ce qui n’est pas linguistiquement exprimé, en ce sens, l’inconscient ne cache pas un néant, mais plutôt la variété du réel inabordable par la conscience. Des pulsions inconscientes agitent les hommes et elles ne sont pas pensées mais vécues. L’homme qui voudrait penser ses pulsions avant de les agir se trompe lourdement : évaluer l’inconscient est pensable, donner à la pensée la force de renverser ce dont elle prend son origine ne l’est pas. La conscience est le fruit d’une impérieuse nécessité (autrement dit un instinct) qui est toujours de jouissance, de domination et d’assimilation pour devenir plus fort, autrement dit elle est au service du corps et non l’inverse.
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