Peut-on gérer ses émotions ?
Peut-on gérer ses émotions ?
« Les émotions peuvent être des états qui nous emportent. Elles peuvent nous emporter à penser d'une certaines manières et à agir sans se soucier des conséquences. [...] Le plus singulier, le plus marquant dans les émotions, et ayant le plus de conséquences pour la conduite et la construction de la vie, c'est d'être des états de motivation. » indique le psychologue Nico Frijda.
La référence révèle ici la complexité des émotions, elles sont une force qui peut nous amener à agir de manière apparemment imprévisible et perturbatrice, mais elles semblent également indispensables pour mener notre existence. Si les émotions nous empêche d'agir rationnellement, ne faut-il pas apprendre à les gérer pour les mettre sous contrôle, comme nous nous servons de la technique pour maîtriser le cours des fleuves ? Ce travail objectif de maîtrise sur nous-même est-il possible ?
La question suivante : peut-on gérer ses émotions ? parue dans la revue Sciences humaines en mai 2006 me semble cristalliser le clivage réflexif qui se joue sur le thème des émotions. Elle invite à penser dans un premier temps l'idéal de maîtrise et de contrôle technique qui est celui de notre société. Cette première opinion s'appuie sur le présupposé qu'il faudrait soumettre la tyrannie des émotions à la tyrannie de la raison ou dans une version soft : « gérer » les émotions pour s'intégrer dans le corps social. Dans un second temps, nous essayerons de dégager une autre perspective de compréhension sans autre souci que de donner à l'individu une démarche de réconciliation avec ce qu'il est ( s'accepter et accepter l'autre tel qu'il est, ce qui n'est pas se résigner).